Au matin de cette seconde journée, je suis hanté par une idée : ne pas connaitre à nouveau la désillusion d'un abandon comme en 2005 ou la Bol d'Or m'avait laissé en rase campagne picarde. C'est donc pas trés rassuré que je m'élance de Reims cap au sud. Au bout de 40 km, je perds cette fois définitivement ma chicane d'échappement. Boucan garanti jusqu'à Toulon ! Encore merci à mon ami le commissaire technique qui a eu la bonne idée de m'obliger à trifouiller ce pot.
Cerisiers, 3mn40 d'arrêt, tout le monde descend ! Au pied de la spéciale du jour, à Cerisiers, à coté de Sens, sur-motivé à l'idée de bien faire, je relis mes notes de reconnaissances prises au mois d'aout, et me répete comme une liste de courses le début "1er gauche à fond". J'ai pu alors trés rapidement juger de la différence entre un virage abordé sur le sec et avec des pneus chauds, et le même virage abordé sur chaussée humide avec des pneus froids... Alors que je glissais à vive allure sur le traitre bitume vers un fossé peu accueillant, je répetais cette fois sous le casque "quel con, mais quel con !" A l'aide de commissaires de piste au départ peu zélés, j'arrivais à remettre en route mon pauvre nexus, plein de terre et d'herbe. Brave machine qui repart au quart de tour malgré ce mauvais traitement, et qui me permet de passer à côté de l'abandon.
Décidement, cette deuxième journée ! Arrivée peu glorieuse à Magny-Cours ou mes compères du RM 95 m'attendent et m'aident à redonner meilleure allure au Gilera et à aborder la première spéciale de nuit sur le célèbre circuit. Mon vieux pote Jean-Pierre Coursault, ex pilote de championnat d'Europe est venu me remonter le moral.
Drôle de sensation que de piloter sur circuit la nuit, sutrout au milieu d'une bande de furieux. Les dimensions du circuit mettent encore plus en évidence le manque d'accélération par rapport aux T Max bodybuildés. Sur la grille de départ, tout le monde m'enfume... Idéalement placé à l'extérieur, j'arrive à remonter quelques places. Aprés une belle arsouille ou j'ai bien failli me faire percuté par un inconscient ressorti du bac à sable avant les stands, sans mème regarder la piste, je termine à la 8eme place des scoots. Pas si mal, vu mon départ. Cette longue deuxième journée s'achève avec la satisfaction, malgré les difficultés d'être encore en course.
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Aprés une première expérience sur le Dark Dog Tour en 2005 sur une machine ancienne, une 900 Honda Bold'Or de 1980, malheureusement écourtée au bout de deux jours sur casse mécanique (chaine de distribution...), je me suis initialement engagé pour 2006 au guidon de ma 1100 Guzzi Scura.